Le dilemme du vichy

J’adore le vichy.Tout ceux qui me connaissent le savent, j’en ai beaucoup : sacs, bagues, barrettes, jupes, mêmes des ballerines. Mais le total look, lui, peut être plus difficile à assumer.

Prenons le cas de cette robe par exemple :
Réalisée au printemps 2010 et beaucoup portée depuis, elle me vaut à chaque fois des compliments, souvent à base de références à une célèbre marque de confiture.

Et pour moi c’est ça le vichy : Brigitte Bardot bien sûr, mais surtout le printemps, la confiture, un pique-nique à la campagne…

Forte de mon expérience confituresque, et les oracles annonçant le vichy comme la tendance de l’été, j’ai voulu passer au niveau supérieur avec du vichy rose, agrémenté de croquet en appliqué histoire de pousser le kitsch encore plus loin.

Ayant un peu trop stressé sur les valeurs d’aisance, la robe fait au final presque une taille de trop pour moi, mais avec une ceinture cela passe assez bien, donc je n’ai pas eu le courage de tout défaire pour la reprendre (c’est le désavantage des robes doublées).

L’ourlet de la doublure à peine sorti de la machine, j’enfile ma robe et je sors répandre la bonne parole du vichy et du croquet dans la triste grisaille parisienne. Paradant tête haute dans le métro, je souris en entendant deux charmantes vielles dames commenter gentiment ma robe, jusqu’à ce que l’une d’elle, dans un éclair de lucidité, se souvienne de ce à quoi elle lui faisait penser : « Mais si ! Tu sais ! Shirley et Dino ! »

Ah oui c’est pas faux.

Mais du coup j’ai davantage de mal à l’assumer maintenant.

Robe confiture :
Réalisée en mai 2010
5A – Burda couture facile printemps-été 2009
Col bateau à plis plats, jupe à plis creux
Vichy bleu de chez Tissus Reine

Robe kitsch :
Réalisée en juillet 2011
101 – Burda février 2011
Jupe froncée, entièrement doublée
Vichy rose de chez Stop Tissus
Voile de coton blanc du Marché Saint Pierre

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