Motifs et Cie

En me baladant à l’Aiguille en fête l’an dernier, j’ai eu un gros coup de cœur pour Motifs et Cie, la petite entreprise française d’une graphiste très douée qui crée ses motifs et les utilise pour vendre une collection de tissus imprimés. La patte est très reconnaissable : des motifs de petite taille, beaucoup de géométrique, un peu de floral et surtout de belles couleurs vives.

Les motifs sont imprimés sur de la popeline de coton de très bonne qualité, fine et douce. Du coup forcément, le prix s’en ressent, ça va taper dans les 25€ du mètre, un peu hors budget pour moi (mais je les trouve plus beaux que beaucoup de motifs Liberty). A savoir qu’elle vend aussi des lots d’échantillons de 10x10cm pas très chers, qui sont parfaits pour de petits accessoires (j’en ai fait notamment un pincushion, ainsi qu’une housse de téléphone que j’ai tellement martyrisée qu’elle n’a pas survécu…) [UPDATE : mille excuses, je m’étais procuré un tel lot sur un salon mais le site précise bien qu’ils sont réservés au choix des motifs, c.f. le commentaire de la créatrice en fin de post]

Du coup quand l’été dernier je suis tombée dans une boutique grenobloise sur du tissu soldé, j’ai craqué et mis sous le tapis mon vœu solennel de déstockage contre un mètre de tissu fushia.

Un nouveau tissu, un nouveau magazine avec des patrons Simplicity, une nouvelle surjeteuse, je fonce tête baissée dans la réalisation d’un top babydoll qui demande pile ce qu’il faut de tissu. Sauf qu’arrivée à la moitié, je me rends compte que le dos est tout tordu… et pour cause ! J’avais mal lu le patron et coupé le devant à l’envers, croyant que les pinces partaient vers le haut. Et évidemment j’avais tout cousu, surfilé les surplus ensemble, surfilé par dessus le surfil, etc.

Du coup, je l’ai mis de côté et j’ai boudé pendant un an, puis je me suis décidée à le ressortir la semaine dernière pour faire comme si de rien n’était et recoudre la pièce à l’endroit, enfin, à l’envers quoi. Et dorénavant j’y réfléchirais à deux fois avant de me jeter sur la surjeteuse, parce qu’enlever du surfil au découd-vite, c’est très, très long.

Maintenant qu’il est fini je me dis que j’avais du avoir un coup de chaud lors du choix du patron, parce que ce n’est franchement pas mon style. Le bustier et la taille empire passent encore, mais les bretelles à volants ?! J’ai dû les choisir rien que pour tester l’ourlet roulotté de la surjeteuse, il n’y a que ça…

De dos c’est assez chouette, avec le dos bien dégagé (car je me suis plantée j’ai rajouté une petite originalité sur le placement des bretelles), ça passe quoi…

… ou avec les bretelles vers le bas …

… ou carrément rentrées à l’intérieur …

… mais y a pas à dire, porté normalement j’ai vraiment l’impression d’avoir été piquer la robe d’une fillette de 5 ans.

Enfin, l’important c’est que le tissu est très doux et très léger (j’ai doublé le haut en voile de coton blanc) donc quand il fera chaud il sera parfait à porter. Mais si je viens à racheter de ces tissus (je lorgne sérieusement sur le motif Agathe en turquoise), ce sera pour un patron plus conventionnel (une robe fifties, quoi…).

Top babydoll fushia
Fini en juillet 2012
Simplicity 4127, dans le Tendances Couture n°1
Taille 40
Tissu Motif et Cie

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Robe Sixties

Septembre approchant à grand pas, il faut que je me dépêche pour présenter le plus de mes vieux projets possible… Je compte les porter durant Septembre fait-main quoi qu’il arrive, mais c’est quand même plus drôle si vous avez l’histoire avant, non ?

Cette robe est l’une de mes préférées, mais son histoire, comme tant d’autres, est tragique. Bon d’accord, pas vraimenr tragique, mais elle m’en a fait baver quand même !

Habituée aux patrons Burda, c’était la première fois que je tentais un patron Simplicity. En l’occurrence, Simplicity 3833, un charmant modèle de 1960 réédité en multi-taille.

J’avais trouvé au marché Saint-Pierre une gabardine bleue klein parfaite, avec beaucoup de tenue histoire de bien garder la ligne trapèze. Je m’étais appliquée, pinces bien symétriques, surpiqûres de la ligne milieu nickel. Sauf qu’au moment d’assembler le haut, quelque chose cloche, c’est bizarre tout de même, l’empîècement ne s’emboîte pas bien avec le bas de la robe… Je vérifie le patron : mais oui ! Les marges de couture étaient comprises !

Bon c’est pas très grave, mieux vaut ça que dans l’autre sens. J’entreprends donc de tout découdre, puis de recouper chaque pièce. Sauf qu’au moment de recouper l’empiècement, j’ai coupé… le long de la ligne de pince.

Bien entendu il ne me restait plus assez de tissu pour recouper une nouvelle pièce. Pas de panique, c’est pas grave, la gabardine est suivie. Je repars donc au marché Saint Pierre pour racheter 50cm du même tissu, et puis j’ai tout recousu, forcément moins bien que la première fois, mais au moins elle était terminée, et jolie en plus !

Sauf qu’après le premier lavage, patatras ! En fait le tissu n’était pas exactement le même, et le nouveau a dix fois plus déteint que l’ancien (pourtant je l’avais prélavé comme il faut, croix de bois croix de fer !). Du coup la pièce du devant est bien plus claire que le reste de la robe… Stupéfaction, désespoir, abandon la couture pour-toujour-de-toute-façon-je-suis-trop-nulle.

J’étais donc décidée à mettre cette robe à la poubelle jusqu’à ce que ma maman me fasse remarquer qu’en fait c’était plutôt bien tombé, vu que sur certaines versions du patron l’empiècement était d’une couleur différente, en voyant la mienne on pourrait croire que c’était fait exprès. Au fond de moi je suis toujours moyennement convaincue (et les manches alors, hein ?), mais j’aime tellement la coupe que je m’en fiche, je la porte quand même souvent. La morale de l’histoire ? toujours faire attention aux marges de couture bien s’appliquer quand on suit une ligne de coupe acheter du tissu en rab au cas où apprendre à accepter les défauts de ses créations il faut écouter ses parents !

Robe Sixties
Réalisée en mai 2010
Simplicity 3833 – Vue B
Gabardine bleue du marché Saint-Pierre
Taille 12 (38)